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NOUS, femmes et hommes, dans toute notre
diversité, réuniEs à Montréal à l’occasion du 1er Séminaire international
sur la sécurité des femmes, du 9 au 11 mai 2002.
REPRÉSENTANTeS de groupes
de femmes, d’organismes communautaires et non-gouvernementaux, de villes
et municipalités, de services de police, d’instances gouvernementales,
du milieu de la recherche, de réseaux internationaux et d’agences des
Nations unies, provenant de cinq continents, 27 pays et 55 villes et municipalités.
NOUS FAISONS APPEL à
la communauté internationale pour passer à l’action suite aux recommandations
des Conférences de Beijing 1995 (la quatrième conférence mondiale des
femmes), Istanbul 1996 (le Sommet des villes Habitat II), Johannesburg
1998 (Construire des partenariats pour la prévention du crime et la sécurité
communautaire), et Naples 2000 (Forum sur la sécurité et la démocratie).
ÉTANT DONNÉ QUE :
Un légitime sentiment d’insécurité et les diverses formes
de violence faite aux femmes représentent pour toutes les femmes un obstacle
majeur à l’exercice de leur liberté et à la réalisation de l’égalité entre
hommes et femmes.
Les effets de la violence faite aux femmes constituent
un frein au développement des communautés et des sociétés à travers le
monde.
NOUS CONSIDÉRONS QUE :
Les stratégies mises en place par les acteurs publics,
communautaires et privés doivent mettre les femmes au centre de l’action
et viser le renforcement des capacités d’action individuelles et collectives
des femmes.
L’approche concertée, incluant le partenariat, la mise
en commun des ressources sont des principes essentiels pour garantir l’efficacité
des actions menées.
La bonne gouvernance urbaine est un pré-requis au renforcement
des capacités d’action des femmes. Ceci doit comprendre l’allocation de
ressources adéquates aux groupes de femmes.
Le succès des initiatives traitant de la sécurité des
femmes et de leur sentiment d’insécurité dépend de l’engagement des hommes
et des femmes.
Les solutions apportées par les femmes pour accroître
leur sécurité et leur sentiment de sécurité profitent à l’ensemble de
la population et contribuent, entre autres, à l’amélioration des espaces
publics.
NOUS EN APPELONS :
Aux femmes
Pour qu’elle se mobilisent et se fassent entendre
sur les questions de violence et d’insécurité, en s’inspirant des actions
réalisées par d’autres femmes à travers le monde.
Pour qu’elles soutiennent les efforts visant la parité
hommes-femmes dans les instances décisionnelles (pouvoirs locaux, police,
etc.). Pour qu’elles soutiennent les femmes au pouvoir afin que ces dernières
demeurent imputables et fassent la promotion de l’égalité entre les sexes.
Aux hommes
Pour qu’ils écoutent, accompagnent et soutiennent les femmes dans
leur démarche vers l’autonomie et le renforcement de leurs capacités d’action.
Pour qu’ils travaillent à la réduction de la violence des hommes.
Pour qu’ils mobilisent les autres hommes (et garçons)
afin de remettre en question les rôles sexuels traditionnels afin de prévenir
la violence faite aux femmes et aux filles.
Aux groupes de femmes et organismes
communautaires
Pour qu’ils travaillent en partenariat avec l’ensemble des organismes
concernés , en particulier les municipalités, pour assurer la prise en
compte des besoins spécifiques des femmes dans les stratégies locales
de prévention. Des efforts particuliers devraient être faits pour atteindre
les femmes des communautés isolées. Pour qu’ils créent des réseaux d’échanges
internationaux entre les collectivités locales.
Aux villes et municipalités
Pour qu’elles mettent en place des politiques locales de sécurité et d’aménagement
sécuritaire et développent des pratiques qui intègrent l’approche de genre.
Pour qu’elles soutiennent les initiatives liées à la sécurité des femmes.
Pour qu’elles favorisent un plus grand engagement des
citoyennes, par exemple par leur participation à des marches exploratoires.
Qu’elles développent des mécanismes formels de suivi des recommandations
et de soutien aux initiatives.
Pour qu’elles créent des mécanismes formels de participation
des femmes dans le processus décisionnel de la gouvernance locale (comme
éluEs, gestionnaires et citoyennes).
Pour qu’elles octroient des financements municipaux pour
l’égalité entre hommes et femmes, le développement communautaire et les
programmes de lutte contre la pauvreté. Pour qu’elles assurent la transparence
et l’imputabilité de l’administration municipale.
Pour qu’elles développent la coopération internationale
au niveau municipal, par des échanges d’expériences et de bonnes pratiques.
Aux services de police
Pour qu’ils adoptent une approche préventive et non répressive
vis-à-vis de la violence et de l’insécurité.
Pour qu’ils travaillent à changer la culture organisationnelle
de la police, par la mise en place de formations adéquates sur les causes
et les effets de la violence et de l’insécurité sur les femmes. L’expérience
des organisations de femmes et leurs témoignages devraient faire partie
de ces formations.
Pour qu’ils travaillent en partenariat afin de développer
des stratégies axées sur la promotion de la sécurité des femmes et le
renforcement de leurs capacités d’action.
Pour qu’ils augmentent le nombre de femmes dans les forces
policières.
Au milieu de l’éducation
Pour qu’il développe des programmes contre la violence, sur les
rapports entre les sexes et sur les droits de la personne, afin de permettre
aux jeunes de remettre en question les stéréotypes et les attitudes touchant
à la violence à l’endroit des femmes.
Pour qu’il donne une formation sur l’approche de genre
aux enseignantEs.
Pour qu’il encourage les marches exploratoires menées
par des étudiantEs dans les écoles et leurs alentours.
Pour qu’il mobilise les enfants et les adolescentes par
des stratégies de renforcement des capacités d’action des femmes, comprenant
l’autodéfense, visant à assurer une ville plus sûre pour tous.
Aux médias
Pour qu’ils contribuent à la mobilisation locale et facilitent
l’accès aux services visant à améliorer la sécurité des femmes.
Pour qu’ils remettent en question les stéréotypes et
les inégalités de genre à travers des campagnes d’information et de sensibilisation,
incluant des études sur la réalité des femmes.
Pour qu’ils fassent connaître et diffusent les meilleures
pratiques en matière de sécurité des femmes.
Pour qu’ils s’efforcent à réduire les reportages sensationnalistes.
Au milieu de la recherche
Pour qu’il encourage la recherche sur la sécurité des femmes et
l’intégration de l’approche de genre dans la prévention de la criminalité,
incluant le développement de méthodes d’enquête et d’outils d’évaluation
adéquats.
Pour qu’il contribue au développement et à l’évaluation
de projets communautaires.
Au secteur privé
Pour qu’il reconnaisse l’impact social et économique de la violence
faite aux femmes et le fait que la prévention est efficace en terme de
coûts et bénéfices.
Pour qu’il évalue l’impact de ses décisions sur la sécurité
et le sentiment de sécurité des femmes employées, clientes et consommatrices,
en travaillant avec les syndicats, les groupes de femmes et les organismes
communautaires afin d’inclure ces questions sur les lieux de travail.
Pour qu’il développe des partenariats avec les organisations
locales et les municipalités et soutienne financièrement les initiatives
pour la sécurité des femmes.
Aux gouvernements
Pour qu’ils développent des politiques et des programmes afin d’assurer
l’autonomie financière des femmes incluant le droit des femmes à la propriété
foncière.
Pour qu’ils intègrent l’approche de genre dans les programmes
nationaux de prévention de la criminalité. Ceci en incluant l’allocation
des ressources nécessaires au développement et au maintien de stratégies
et d’initiatives touchant la sécurité des femmes et leur sentiment de
sécurité. Pour qu’ils rendent compte des progrès accomplis.
Pour qu’ils incluent l’approche de genre dans la formation
des éluEs et des gestionnaires.
Pour qu’ils soutiennent politiquement et financièrement
les villes et les municipalités dans leurs efforts pour promouvoir la
sécurité des femmes.
Aux réseaux internationaux et
agences des Nations unies
Pour qu’ils soutiennent et contribuent au développement, à la collecte,
à l’adaptation, à la diffusion, ainsi qu’à la multiplication des outils
d’intervention et des bonnes pratiques.
Pour qu’ils renforcent l’accessibilité aux outils informatiques
et à l’assistance technique, particulièrement entre le Sud et le Nord.
Pour qu’ils favorisent le développement durable, par
les échanges et la coopération internationale, régionale, nationale et
locale.
Pour qu’ils soutiennent l’évaluation des progrès accomplis
et la tenue de conférences régionales et internationales sur la sécurité
des femmes.
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