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Exposé
M. Stavrou propose dans sa conférence, quelques
idées sur la mise en application et la prise de décision,
dans la recherche et les sondages sur la violence envers les femmes.
L'analyse de genre et la recherche, souligne-t-il, ont un potentiel
considérable pour améliorer les stratégies,
les politiques et la pratique en matière de sécurité
pour les femmes. Malheureusement, une forte proportion de la recherche
est faite sur les femmes plutôt
que pour les femmes et a souvent
un impact négligeable faute de planification, de budget ou
de diffusion. Par exemple, les méthodes et outils de recherche
doivent être soigneusement adaptés au lieu, au contexte
culturel et aux normes sociales.
La recherche devrait alimenter les politiques et
améliorer la pratique; pour réussir, la réglementation
et la pratique doivent refléter les besoins de ceux et celles
pour qui elles ont été conçues. Une grande
part d'expertise est détenue par les gens qui vivent la réalité
étudiée, un monde souvent étranger à
plusieurs chercheurEs et décideurs. Combiner l'expertise
technique et méthodologique des chercheurEs aux expériences
de vie des participantEs peut dynamiser la recherche et en raffiner
le contenu. Les chercheurs, décideurs et intervenants doivent
travailler étroitement avec ceux et celles qui bénéficieront
des résultats de recherche. Cette approche plus conviviale
aux usagers est démocratique, renforce les capacités
d'action et porte plusieurs noms : communautaire, participative,
"collaborative"...
Hélas, plus d'un décideur ne prépare
ni stratégie ni budget de diffusion des résultats
d'enquêtes. Conséquemment, les intervenants ignorent
très souvent l'existence de cette précieuse information.
Impliquer les intervenants comme partie prenante du processus de
recherche améliore la diffusion des découvertes et
encourage l'évaluation constante de la pertinence de cette
recherche et de sa capacité à répondre à
leurs besoins.
Finalement, de telles alliances et cette collaboration
entre recherche, réglementation et pratique, peuvent encourager
un plus grand nombre d'hommes à participer à la recherche
basée sur l'approche de genre, étape essentielle si
nous voulons que cette approche s'intègre au courant dominant
et rejoigne tous les secteurs de la société.
Échanges
Au cours des échanges qui suivent l'exposé
de M. Stavrou, on fait un certain nombre de constats quant à
la recherche :
1) Les étudiantEs sont en général
peu intéresséEs par le service à la collectivité
et par la recherche-action. Le travail de terrain demande une bonne
motivation.
2) L'obligation de publier réduit l'action
sociale et communautaire des chercheurEs, action d'ailleurs peu
appuyée par les universités.
3) Les travaux des universitaires et des chercheurEs
des organismes internationaux sont peu accessibles à la population,
notamment parce qu'ils sont peu vulgarisés.
4) Les études trop théoriques ont
peu de retombées pratiques. Ce serait notamment le cas en
Amérique du Sud.
5) Les exigences des organismes subventionnaires
internationaux sont trop élevées pour les chercheurEs
et les ONG. Par ailleurs, sans appui international et sans contact,
il n'y a pas de travail significatif sur le terrain.
Quelques précautions sont requises dans l'activité
de recherche :
1) Les questions des enquêtes doivent être
formulées de façon à ne pas faire peur aux
personnes interrogées et, en conséquence, entraîner
un refus de répondre. Exemple : une question sur la possession
d'armes.
2) Les chercheurEs doivent avoir des préoccupations
éthiques (v. g. contact avec les trafiquants d'armes). Il
faut éviter que certaines femmes soient malmenées,
voire tuées, après l'enquête.
On mentionne enfin l'importance de la recherche.
Les résultats d'une recherche bien ciblée permettent
aux groupes communautaires ou aux groupes de femmes de cerner des
stratégies valables.
Recommandations concernant la recherche
1) Que les universités valorisent la recherche,
et en particulier la recherche-action sur la sécurité
et sur la violence envers les femmes;
2) que les chercheurEs et les organismes de recherche
sensibilisent les étudiantEs à l'intérêt
et à la portée des recherches sur la sécurité
des femmes;
3) que les milieux et organismes concernés
utilisent les moyens les plus appropriés et les plus efficaces
pour mieux faire connaître et, le cas échéant,
vulgariser les résultats de la recherche avec la collaboration
des médias;
4) que les instances appropriées mettent
sur pied des cours d'été internationaux dans le domaine
de la sécurité;
5) que les organisations privées commanditent
des recherches sur la sécurité en milieu urbain;
6) que les organismes internationaux, les groupes
de femmes et les groupes communautaires apportent leur contribution
pour former des gens du milieu à participer aux activités
d'enquête sur la sécurité.
Autres recommandations
1) Que les gouvernements voient à former
les éluEs et les gestionnaires afin qu'ils assument, avec
la sensibilité et les connaissances appropriées, plus
de responsabilités à l'égard de la sécurité
des femmes;
2) que les gouvernements rendent accessible aux
femmes victimes de violence une aide juridique, économique
et psychologique;
3) que dans leurs projets politiques, les gouvernements
tiennent compte du genre et se montrent respectueux de la diversité
des femmes.
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