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Exposé
Madame Greta Nemiroff s'interroge sur le
rôle des hommes par rapport à la violence. Pourquoi,
se demande-t-elle, trouve-t-on la violence chez les hommes et non
chez les femmes? Selon une analyse existentialiste, la violence
est innée et l'on ne peut rien y changer. En se situant dans
une perspective historique et anthropologique, certains pensent
qu'il s'agit d'un caractère acquis. Les hommes du passé
devaient chasser et être en concurrence avec les autres, d'où
leur propension à des comportements violents. Madame Nemiroff
n'apprécie guère ces explications qui légitiment
la violence des hommes.
Une autre analyse fait de la violence une construction
sociale ; la violence tient à la culture. Les hommes profitent
de leur violence ; leur pouvoir est axé sur la menace. Nombre
de femmes vivent leur relation avec les hommes sous la menace. Les
garçons construisent leur masculinité à travers
des jeux, puis dans les " exploits " de l'adolescence
: il faut devenir invincible et invulnérable. L'exercice
de la violence est central dans la conservation de l'ordre et de
la structure hiérarchique du pouvoir. Le système patriarcal
est perpétué grâce à la violence. On
peut donc remédier à la situation par l'éducation,
la formation des parents, la loi et en utilisant les médias.
Si les hommes perdent le pouvoir résultant de la violence,
comment seront-ils compensés ? On peut être un peu
pessimiste à cet égard. On devrait cependant faire
plus d'études sur les hommes non violents. Par ailleurs,
les femmes devraient se demander jusqu'où va leur complicité
dans la violence des hommes.
Échanges
Comment rejoindre les hommes ? Comment leur faire
comprendre ? Il faut du concret, par exemple : Comment protéger
nos filles ? Les hommes souffrent de la violence, mais ils ne voient
pas le problème en termes de genre. Ils ne se posent pas
les mêmes questions que les femmes car on n'a jamais vu un
groupe laisser tomber spontanément le pouvoir. Il n'est pas
facile de faire de la violence faite aux femmes un problème
d'hommes.
Faut-il une structure d'aide pour les hommes victimes
de violence ? Femmes et sécurité urbaine est un comité
mixte. Le problème de la violence est un problème
à deux genres. Toutefois, les intervenants masculins se sentent
mis à l'écart dans certaines démarches. Il
y a peu d'hommes au présent séminaire. On souligne
que les hommes ont honte et qu'ils ont peur des hommes plus violents
qu'eux.
L'expérience africaine est quelque peu différente.
Dans une société patriarcale, le rôle des hommes
est complexe, car les liens entre hommes et femmes sont de type
hiérarchique. Dans le cadre du projet Villes plus sûres
à Yaoundé, on a mis en place des comités locaux
de prévention de la violence et des sous-comités pour
la violence faite aux femmes. On a essayé d'y insérer
des hommes, mais en vain. Il est de plus difficile d'identifier
les personnes qui font violence aux femmes et d'intervenir sur ces
personnes. À Yaoundé, une pétition est en cours,
dans le dessein de faire connaître la violence faite aux femmes.
Il s'agit de mettre la violence faite aux femmes sur la place publique.
Il est souligné qu'il faut aussi travailler avec la police.
Autre exemple : une ONG a mis au point un répertoire
des femmes violentées, en mettant à contribution les
chefs de quartier qui constituent l'autorité traditionnelle.
Les hommes violents doivent les voir et, en cas de récidive,
les policiers interviennent, puis les tribunaux. C'est une bonne
idée, souligne-t-on de se servir des hommes pour convaincre
les autres hommes.
"According to an
english-speaking member of the roundtable, there are four types
of men : " the man who just can't ; the man with two faces
; the man --the pilot-- who wants to control everything ; the real
man, who has a heart and is ready to co-operate with women. Men
and women may become enemies, but they may form a team. Young boys
must be concerned by prevention very soon."
Recommandations
AUX FEMMES :
Laisser les rares hommes conscientisés par ce problème
s'exprimer sans en faire des accusés, et prendre leur place
dans les interventions communautaires.
AUX HOMMES :
1) Sensibiliser les hommes au phénomène de la violence
là où c'est encore tabou et obtenir de leur part un
engagement : celui de n'user d'aucune violence envers les femmes
ou d'intervenir lorsqu'ils sont témoins d'une situation de
violence envers une femme. Il peut même s'agir d'un véritable
contrat ; cela a un impact en Afrique.
2) Conscientiser les hommes à l'approche
de genre et à leur implication en tant qu'homme dans le phénomène
de la violence (la violence est une dimension de l'identité
masculine); les convaincre de participer aux groupes de discussion.
3) Encourager les hommes qui sont déjà
sensibilisés au problème de la violence contre les
femmes et leur faire une place dans les instances communautaires.
4) Impliquer les hommes : que les hommes parlent
aux hommes, fassent prendre conscience aux autres hommes de la violence
faite aux femmes. Ces hommes d'influence doivent être des
hommes de la communauté, des hommes de pouvoir, en particulier
dans les sociétés traditionnelles.
5) Les premiers visés par ces démarches
de sensibilisations doivent être les hommes violents, bien
sûr, mais aussi les hommes qui ont une position difficile
dans la société (chômage, alcoolisme).
6) Donner aux hommes des poste-clés dans
des instances communautaires travaillant la violence faite aux femmes.
AUX SERVICES DE POLICE :
Encourager les hommes policiers à intervenir
en cas de violence faite aux femmes.
AUX ÉCOLES :
Travailler sur l'éducation des garçons
et arrêter d'apprendre la violence aux garçons.
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