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Exposé
Madame Dao Thi Tao présente les coordonnées
du programme de recherches en gestion urbaine sur la valorisation
du rôle de genre dans la gestion de l'environnement dans les
quartiers de Hanoi. Ce programme de recherches du Département
de genre et de développement urbain de l'Université
d'architecture de Hanoi, au Vietnam, a été émis
sur pied en collaboration avec l'Université de Montréal
et avec l'appui de l'Agence canadienne de développement international
(ACDI).
Parce qu'il veut déboucher sur des réalisations
concrètes, le programme quinquennal de recherche utilise
des méthodes propres à la recherche-action. Il a pour
cadre des quartiers de la ville de Hanoi qui, comme toutes les villes
du Vietnam, s'est rapidement développée et a, en conséquence,
vu ses infrastructures et son environnement subir de fortes pressions.
Les femmes, qui constituent une part importante de la population
active, ont été frappées par la dégradation
qui s'en est suivie. C'est pourquoi le programme fait largement
appel aux femmes, leur participation étant facilitée
par les organisations fort bien structurées de femmes au
Vietnam. Mais il implique également d'autres acteurs dans
le domaine de la gestion urbaine et de la gestion environnementale.
Deux quartiers de Hanoi ont été l'objet
d'une attention particulière. Dans le cadre d'études
de cas, de nombreuses entrevues ont été menées
auprès d'administrateurs, de responsables d'organisations
de masse et de femmes des quartiers concernés. Parallèlement,
une activité de sensibilisation sur la protection de l'environnement
auprès des jeunes de ces quartiers (un concours de dessin)
a connu un grand succès. De plus, après avoir identifié
des besoins en ce sens, plusieurs sessions de formation furent organisées
pour les chercheurs et pour les femmes, notamment les présidentes
des associations de femmes.
En bref, la recherche-action s'est avérée
un bon moyen pour associer recherche et pratique. Toutefois, malgré
les politiques gouvernementales favorables, il faut reconnaître
l'existence de certaines difficultés quant au temps requis
et aux conditions de réalisation, certaines difficultés
pour maintenir le partenariat créé et pour convaincre
les décideurs d'appliquer les résultats de la recherche-action.
Commentaires
Quelques commentaires ont suivi l'exposé
de Mme Dao Thi Tao. Les uns exprimaient notamment l'étonnement
de voir autant de mobilisation chez les femmes du Vietnam. Mme Dao
Thi Tao évoque alors la tradition et les menaces d'agressions
étrangères qui font du Vietnam un pays uni. De plus,
les associations de femmes peuvent facilement se réunir,
ce qui permet une bonne circulation de l'information. Enfin, au
Vietnam, on est généralement à l'écoute
des groupes de femmes.
Une participante fait état d'expériences
de recherche-action menées au Cameroun relativement à
la violence conjugale. Du début à la fin de la recherche,
les femmes victimes - objet de la recherche - ont participé.
Il est approprié d'élaborer les outils avec les partenaires,
en l'occurrence les victimes. Une participante de la Martinique
fait remarquer que les femmes ont parfois de la difficulté
à révéler un viol.
On mentionne le Guide de la Banque mondiale de juillet
2001 qui présente une méthodologie pour mesurer la
violence faite aux femmes. Un chercheur s'interroge sur l'objectivité
dans la recherche. Il suggère aussi que des projets de recherche
soient aussi élaborés sur les autres groupes de femmes
vulnérables. Un autre souhaite qu'on inclue aussi des hommes
dans l'échantillonnage.
Constats
1) L'organisation d'un concours de dessin dans la
recherche-action de Hanoi a eu une incidence sur les retombées
de la recherche ; le concours comportait en effet une sensibilisation
à la question du genre.
2) Les associations de femmes sont une composante
politique. Elles ont donc un statut sociopolitique.
3) Il n'est pas toujours aisé d'associer
les hommes à la recherche. En Martinique, la mobilisation
des femmes a entraîné des assassinats d'hommes. Les
hommes peuvent aussi être victimes de violence.
Défis
1) Travailler à vaincre la peur qu'ont les
femmes à rendre public un viol et les aider à se sentir
plus à l'aise dans un tel cas.
2) S'assurer que les hommes sont concernés
dans la recherche, tout en évitant de diluer l'importance
des femmes victimes.
3) Diffuser efficacement les résultats de
la recherche.
4) S'assurer que les besoins des femmes sont
pris en considération dans toute leur diversité, par
le biais de la consultation, de l'écoute et, dès le
début de la recherche, de l'implication des femmes dans la
définition des objectifs.
Stratégies et recommandations
1) Accroître la formation en recherche, par
exemple par la création d'un programme de maîtrise
en gestion genre et habitat et par la création d'un centre
de recherche.
2) Inclure dans la recherche-action les victimes
comme partenaires.
3) Consulter des groupes de femmes sur les objectifs
de la recherche.
4) Publier et diffuser les résultats de la
recherche.
5) Mener des campagnes de sensibilisation (par exemple
par autocollants dans les taxis ; émissions de radio, etc.).
6) Établir des liens entre les milieux universitaires
et les milieux communautaires.
7) Trouver un bon mécanisme pour obtenir
les fonds nécessaires pour mener à bien la recherche,
la diffusion des résultats, la sensibilisation aux enjeux,
etc.
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