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Exposé
Madame Lyse Cloutier (coordonnatrice de l’Écho
des femmes de la Petite Patrie) présente l’Écho
des femmes, groupe communautaire d’intervention féministe
et de conscientisation. Ce groupe a trois volets d’intervention
: des services (information, référence, accueil),
des activités éducatives (v.g. groupes de discussion)
et des actions collectives (v.g. Marche mondiale des femmes). Il
travaille à tous les niveaux : santé mentale et physique,
violence, pauvreté, etc. Il est financé principalement
par le Gouvernement du Québec et par Centraide Montréal.
L’Écho des femmes fait partie d’un réseau
de plus de 80 centres de femmes au Québec. Pour les femmes,
c’est un lien d’appartenance, un réseau d’entraide,
un moyen de sortir de l’isolement, un réseau d’éducation
et d’action.
L’Écho des femmes a depuis cinq ans
un projet spécial sur la sécurité des femmes,
commande de la Direction de la santé publique et de la Régie
régionale de la santé et des services sociaux. Un
comité partenarial a été mis sur pied avec
comme mandat d’améliorer la sécurité
des femmes. Ce comité comporte, selon les termes du mandat,
des partenaires institutionnels. Malgré l’imposition
de partenaires institutionnels, le projet contribuait à l’atteinte
des objectifs de l’Écho des femmes dans le respect
et l’intégrité de sa mission.
Les stratégies «gagnantes» qui
marquent le travail du comité sont les suivantes : 1) faire
adhérer à une base d’unité — l’approche
féministe — avant de s’engager dans des actions;
2) assurer un leadership féministe pour garantir le respect
de l’approche; 3) considérer que le processus est aussi
important que le résultat - note 1 ; 4) évaluer les
actions selon les critères d’autonomie, de responsabilisation
des hommes, etc.; 5) compter sur un financement approprié
et à long terme; 6) avoir des alliées féministes.
Le projet a débouché sur des actions
«gagnantes», par exemple : 1) l’aménagement
d’une station de métro selon des critères qui
favorisent la sécurité des femmes; 2) une campagne
de sensibilisation auprès des hommes - note 2; 3) des ateliers
pour les femmes sur l’autodéfense, l’estime de
soi, la protection de son espace vital, la sécurité
à la maison; 4) une campagne de sensibilisation sur les drogues
du viol; 5) la formation continue des membres du comité (v.g.
drogues du viol, approche féministe, prostitution, etc.).
Notons au passage deux exemples de bénéfices collatéraux
: 1) une policière, qui fut membre du comité, a poursuivi
des actions semblables dans son nouveau poste à sa nouvelle
affectation; 2) un conseiller municipal a sollicité l’avis
du comité relativement à un projet de viaduc dans
le quartier.
Mme Cloutier note en terminant que le comité
n’a pas réussi à agir par, pour et avec des
femmes du quartier. Elle s’interroge sur les raisons. Parce
que le travail se faisait plutôt avec des institutions ? Parce
qu’il était plus facile d’agir auprès
d’intervenantEs ou des décideurs ? Parce que les efforts
ont été insuffisants ?
Échanges
Dans un premier temps, Mme Cloutier apporte quelques
précisions, en réponse à des questions des
participantes. L’Écho des femmes s’intéressait
à la violence en plus de la pauvreté (par exemple
groupes cibles sur le sentiment d’insécurité)
avant la formation du comité sur la sécurité
des femmes. Ce projet spécial représente seulement
20% de l’activité de l’Écho. Mme Cloutier
insiste sur la nécessité de ne pas négliger
la diversité dans les actions concernant la sécurité
des femmes. Le racisme, rappelle-t-elle, est une source d’insécurité.
En Côte d’Ivoire, souligne un intervenant,
la sécurité est envisagée globalement, pas
spécifiquement par rapport aux femmes. La violence conjugale,
par exemple, est un sujet tabou. Les femmes se confient surtout
aux chefs religieux et aux responsables de la santé. De plus,
l’insécurité est encore souvent gérée
par la répression. Il fallait convaincre les municipalités
qu’elles sont aussi concernées, pas seulement l’État.
La police a été mise en relation avec la municipalité,
ce qui est déjà une stratégie gagnante. On
a maintenant un suivi au conseil municipal et des budgets appropriés.
D’autres interventions touchent la nécessité
de connaître les perceptions des femmes, même quand
il y a partenariat. Ce dernier est jugé important, mais les
femmes doivent aussi se retrouver entre elles et évaluer
leur degré d’accord avec les autres partenaires. C’est
aussi très efficace au moment de faire des pressions.
L’animatrice soulève la question du
réseautage. Comment créer des liens? Comment partager
les informations, les critères d’évaluation,
les stratégies qui marchent, etc.? La concertation est sans
doute nécessaire, mais une intervenante note qu’elle
prend beaucoup de temps. De plus, si on se situe sur une échelle
plus globale, on peut se rendre compte que les problèmes
sont fondamentalement les mêmes (l’insécurité
des femmes au Nord et au Sud, la pauvreté, etc.), même
si les stratégies doivent emprunter des voies propres à
chacun.
Enjeux
1) Évaluer l’impact des projets sur
les femmes.
2) Maintenir l’autonomie des femmes dans le partenariat.
3) Convaincre les municipalités de leur rôle à
l’égard de l’insécurité des femmes.
4) Obtenir le financement à long terme pour des projets qui
le commandent.
Recommandations
1) Par des moyens de coordination à l’échelle
mondiale, partager avec les autres les leçons apprises, les
expertises et les meilleures stratégies en matière
de sécurité et aider à trouver les façons
de les adapter et de les appliquer ailleurs.
2) Faire en sorte que les femmes soient au coeur des actions et
des décisions concernant la sécurité.
3) Afin de mieux tenir compte de la diversité, promouvoir
la mise sur pied de groupes cibles de femmes «d’ailleurs».
4) Promouvoir, auprès des milieux de recherche et des gouvernements,
l’évaluation des impacts des projets réalisés
relativement à la sécurité des femmes.
5) Étant donné que la pauvreté des femmes est
source de dépendance et d’insécurité,
appuyer les initiatives et programmes qui visent à réduire
la pauvreté des femmes.
Autres recommandations
AUX GROUPES DE FEMMES ET ORGANISMES COMMUNAUTAIRES
- Mettre l'approche féministe au cur
du projet.
- Organiser des caucus et des focus groups.
AUX VILLES ET MUNICIPALITÉS
- S'impliquer dans la démarche de
recherche de solution.
AUX SERVICES DE POLICE
- Collaborer avec les municipalités.
- Efforts et formation sur l'insécurité
des femmes.
AUX MÉDIAS
- Campagne de sensibilisation pour tout le
monde.
AU MILIEU DE LA RECHERCHE
- Financement de recherches sur impacts.
ORGANISATIONS PRIVÉES, CHARITABLES
ET ORGANISATIONS
NON-GOUVERNEMENTALES
- Partager les leçons apprises, coordonner
les banques d'information et les échanges sur les pratiques.
AUX GOUVERNEMENTS
- Financer des évaluations d'impacts.
- Mettre en place des législations en faveur
des femmes (autonomie financière).
- Financement à long terme.
AUX ORGANISMES ET RÉSEAUX INTERNATIONAUX
- S'attaquer au problème global de
la pauvreté.
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(1) Principe d'éducation populaire : formation
continue à l'interne donc dans chaque milieu de travail ou
institution; partage des responsabilités et des tâches;
concertation et cohérence des messages lors d'évènements
publics.
(2) «L'autre façon d'aborder les
femmes» : dépliant, quizz, affiche, campagne médiatique,
intervention dans des classes de jeunes de 14-15 ans, etc.
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