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Plénière III : Partenariat et rôle
des villes et municipalités
Panélistes :
Edson Sardano [E.S.]
Myriam Garcés [M.G.]
Elisabeth Arnold [E.A.]
Question/commentaire no. 1
[?] : La présentation de M. Sardano est très rafraîchissante.
La participation, le travail en partenariat et le dialogue entre les pouvoirs
locaux et les femmes sont essentiels. Mais, il y a souvent roulement des
employé/es
J'aimerais savoir quels mécanismes assurent
la durabilité de ce dialogue ? Comment favorisez-vous le maintien
de liens de collaboration qui sont durables ?
Réactions
no. 1
[E.A.] : Il faut répéter et marteler le même message
encore et encore. Ça prend du temps pour changer les mentalités
et les structures. Il faut aussi trouver des défenseurs et des
porte-parole locaux, donc : (1) élire des femmes, (2)
faire des pressions pour l'équité d'accès à
l'emploi dans la sphère politique, et (3) trouver le financement
pour de telles initiatives.
[M.G.] : Il faut créer des organismes autonomes qui ne soient
pas manipulés politiquement. À ce niveau, les ONG
jouent un rôle fondamental. Si on incorpore les femmes aux mécanismes
existants et que l'on crée des mécanismes de surveillance
locale pour s'assurer que les politiciens rendent des comptes quant
à leurs engagements sur des questions féminines, on arrivera
à une vraie citoyenneté des femmes. Il faut travailler
sur la citoyenneté des femmes.
[E.S.] : Au Brésil, la population est féminine, noire
et pauvre. Nos élus, par contre, sont des hommes, blancs et riches.
Cet écart ne doit pas être oublié.
Question/commentaire
no. 2
[?] : L'espace de participation pour les citoyennes doit être ouvert
par les femmes. Lorsqu'elles parlent au nom des citoyennes, elles traduisent
leurs besoins personnels (de la sphère domestique) à l'échelle
publique et politique. Est-ce qu'on peut aller au-delà et parler
maintenant des changements possibles dans les relations de pouvoir entre
les hommes et les femmes ? Qu'avez-vous fait à Ottawa ?
Réaction no. 2
[E.A.] : Les consultations habituelles n'ont jamais
réellement pris en compte les préoccupations des femmes.
Notre recherche a voulu augmenter la participation de différentes
femmes - comme représentatives de la participation féminine
- à partir de discussions sur les barrières que rencontrent
les femmes lorsqu'elles utilisent les services municipaux. On s'est
vite rendu compte que les femmes avaient besoin d'éducation sur
les services existants, notamment à savoir de quel pallier gouvernemental
ils relèvent. Les femmes ont davantage appris entre elles qu'au
moyen de discussions avec la ville. Ce processus est constant et continu.
Question/commentaire
no. 3
[Martinique] : Je crois qu'une solution est la mise en place de la reconnaissance
de la citoyenneté des femmes. À ce titre, elles ont droit
à la sécurité, à l'habitat, au transport,
etc. Elles constituent la moitié de la population.
Réactions
no. 3
[M.G.] : Il faut se demander quel élément va dynamiser
les femmes. Si c'est la sécurité, alors il faut en profiter
pour créer l'organisation, des comités
bref, une
mobilisation. Ceci devient efficace quand les femmes ont identifié
elles-mêmes la problématique. Si elles veulent qu'on intègre
les hommes, alors, il faut le faire. Il faut aussi renforcer le processus
de décentralisation des municipalités. En somme, il faut
tenir compte des idées créatrices des femmes. Par exemple,
on a créé un système d'alarme communautaire où
chaque maison a deux sifflets. Si les femmes sont victimes de violence,
elles alertent ainsi la communauté.
[E.A.] : Oui. Il faut la participation des femmes aux choses qui nous
touchent le plus. C'est la première étape. L'étape
suivante, c'est d'avoir des femmes élues - ce qui permettra de
changer la culture organisationnelle - et ça, c'est plus difficile.
Question/commentaire
no. 4
[M., ONU-Habitat] : Félicitations au policier Sardano : c'est un
leader charismatique. La sécurité, on le sait, est dans
les mains du corps policier. Les policiers, eux, sont porteurs de valeurs
machistes, même les femmes policières. Il est clair qu'ajouter
des femmes n'est pas suffisant. Alors, comment pouvons-nous faire la formation
auprès des policiers et des policières, de sorte qu'il y
ait une révolution culturelle au sein de la police et au sein de
la famille des policiers ?
Réactions
no. 4
[E.S.] : Vous savez que les activistes homosexuels et les activistes
noirs disent que leur pire ennemi sont les policiers militaires. Pour
les femmes aussi. Personnellement, j'ai dû changer ma conception,
ma façon de penser. Je suis aller vivre avec eux, dans les communautés.
Vivre avec les autres, c'est la meilleure façon de changer les
mentalités. La convivialité, les visites, aller vivre
au milieu du groupe pour connaître ces gens-là, leur humanité
et leur statut de personne humaine. La formation policière déshumanise
parfois. Il faut plonger les policiers dans un bain de réalité.
[M.G.] : La sécurité est trop souvent une question de
répression. La police réprime et elle est machiste. Il
faut ouvrir des brèches : former des policiers de proximité,
intégrer les nouvelles recrues, et que cette formation soit faite
par des femmes.
Question/commentaire no. 5
[San Salvador] : Quelle recommandation pouvons-nous faire
pour impliquer tous les services municipaux dans l'application de politiques
égalitaires ? La police municipale contribue à répondre
aux demandes des femmes, mais la police civile ne génère
plus beaucoup de confiance
après la guerre
les viols
Comment faire en sorte que les besoins des femmes et des organismes de
districts soient pris en compte au niveau municipal ?
Question/commentaire
no. 6
[Afrique du Sud] : À Durban, nous avons complètement révisé
nos politiques et nous avons consulté toute la population afin
de savoir quelles mesures elle veut voir appliquer localement. Nous avons
identifié des projets pour les femmes, qui allègent la pauvreté
des femmes. Ces projets sont pilotés par des femmes.
Réactions.
6
[E.A.] : Le défi reste celui d'élire des femmes qui représentent
les intérêts des femmes et que nous les appuyons, une fois
élues. Les femmes elles-mêmes doivent changer de mentalité.
Pour qu'une politique soit acceptée, il faut que les politiciens
y soient obligés. Il faut donc, non seulement, assurer une présence
au discours, mais il faut poser des questions publiquement, avec l'aide
des médias. Obliger les politiciens à répondre
publiquement. Donc : (1) aider les femmes, (2) élire
les femmes, (3) élire les femmes qui partagent nos valeurs
et nos préoccupations, (4) soutenir les élues afin
de les garder en poste et (5) soutenir les femmes qui ont la
responsabilité de ces mandats à l'intérieur des
administrations municipales (les fonctionnaires) .
[M.G.] : La présence au niveau municipal est essentielle. Les
femmes doivent assurer le suivi des décisions budgétaires.
C'est le rôle de notre comité femmes. Mais, l'impunité
et la corruption font partie du problème : c'est ce qui fait
en sorte que les lois ne sont pas respectées. Il faut surveiller
les cas de corruption.
[E.S.] : La société est machiste et la police est toujours
un peu en retard de la société
Changer la culture
permettra de changer la structure policière. Par exemple, il
ne faut plus mettre l'accent sur la victime, mais sur l'agresseur.

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