Plénière II : Stratégies de renforcement des capacités d'action des femmes


Panélistes :

Leona Heillig [L.H.]
Connie Guberman [C.G.]
Ana Hernandez [A.H.]


Question/commentaire no. 1


[Tanzanie] : Je connais le guide d'évaluation de la sécurité par le biais des marches exploratoires. J'ai essayé de l'utiliser dans ma ville en Tanzanie, mais le guide n'était pas orienté vers les préoccupations de mon contexte spécifique. Sachant que 70 % des résidants habitent les bidonvilles, donc un contexte très différent de la ville de Montréal, par exemple, comment pouvons-nous tenir compte de ces différences ? Et avez-vous pensé adapter l'outil du Nord aux préoccupations du Sud ?

Réactions no. 1

[C.G.] : Il s'agit d'un défi réel que de documenter tout ce qui se passe. Il faudrait que les marches exploratoires puissent correspondre à une variété de réalités . Par exemple, en Bolivie, où nous avons fait des marches exploratoires, il a fallu s'adapter. On a nommé certaines choses. Il n'y a pas de données sur ça. Avez-vous (la salle) d'autres modèles que celui de METRAC ?

[S.S.] : L'expérience de ONU-Habitat peut faire un lien entre l'expérience de METRAC et le «Programme des villes plus sûres». On pourrait faire un projet pilote.

[C.G.] : Il faut recueillir et documenter les meilleures pratiques qui existent dans le monde sur les marches exploratoires.

Question/commentaire no. 2

[Cheffe d'entreprise, Pérou] : En ce qui concerne l'autodéfense des femmes, je crois qu'il faut d'abord apprendre aux femmes à être autonomes économiquement, via les programmes d' entrepreneurship où les femmes développent un produit qui leur est propre. Ainsi, elles ne dépendent plus de leur mari.

Réaction no. 2

[L.H.] : Aux États-Unis, on parle de trois facteurs importants qui forment le cycle de la dépendance et représentent des obstacles à l'autonomie des femmes : la vulnérabilité, la dépendance économique et psychologique, et le manque d'information. Aborder ces trois aspects est la solution idéale.

Question/commentaire no. 3

[?] : L'autodéfense est une réponse pratique. Comment pouvons-nous aller au-delà pour répondre aux patterns culturels des rapports hommes-femmes et diminuer la violence ? Les pratiques d'autodéfense ont-elles un impact à ce niveau ?

Réactions no. 3

[C.G.] : Changer les schèmes culturels est une entreprise très longue et difficile. En Bolivie, les architectes n'ont pas compris l'analyse féministe de la violence qui empêche la participation des femmes à l'aménagement urbain plus sécuritaire. Pour aider à leur compréhension, on leur a proposé un exercice, soit de poser la question suivante à la femme de leur famille : " A-t-elle déjà décidé de ne pas faire quelque chose parce qu'elle avait peur pour sa sécurité ? ". Plusieurs ont été surpris de savoir que les femmes qu'ils connaissent ont déjà décidé de ne pas faire une activité sportive, par exemple, car elles avaient peur pour leur sécurité. Lorsque les gens sont touchés personnellement, ils sont plus enclins à être sensibilisés et, donc, à agir.

[L.H.] : Le privé est politique. La violence est également interculturelle et il est difficile de faire des hypothèses générales pour savoir quelles stratégies seront les meilleures dans un contexte culturel donné. Il est préférable de donner aux femmes plusieurs options et ce sont elles qui choisiront, parmi les options, laquelle sera la plus appropriée. Dans l'autodéfense, l'élément de surprise est très efficace, mais, comment une femme va déclencher l'élément de surprise dépend de sa situation à elle. Par exemple, on sait que crier est une bonne façon de déclencher l'élément de surprise, mais pour les femmes de certaines cultures, ce comportement n'est pas acceptable. Elles miseront donc sur d'autres stratégies, adaptées à leur contexte et leurs capacités. De toute façon, à l'intérieur du cours d'autodéfense, crier leur fait du bien aussi.

 

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Dernière mise à jour : 28 novembre 2003